Nouvelle agression du Rav Elie Lemmel : politiques et bête immonde

Vendredi 6 juin 2025, Neuilly-sur-Seine. Il était un peu plus de midi lorsque le Rav Elie Lemmel a de nouveau été pris pour cible. Dans le silence feutré d’une rue résidentielle, un homme – dont l’origine afghane est évoquée sans certitude – s’est approché, porteur d’une chaise qu’il a soudain brandie comme une arme. Le coup, brutal, a atteint le visage du Rav, le projetant au sol. Les passants, stupéfaits, ont alerté les secours. L’homme a été interpellé. Le Rav, lui, blessé mais conscient, a été conduit à l’hôpital. Cette scène glaçante ne survient pas par hasard. Il y a une semaine, presque à l’heure près, c’est à Deauville que le Rav Elie Lemmel avait été pris à partie. Trois hommes l’avaient encerclé, invectivé, malmené. Deux agressions en sept jours. Deux violences, sans raison apparente, sinon celle qui ne dit pas son nom : l’antisémitisme. Certains refusent d’y voir un motif. D’autres, à l’inverse, y lisent un message sinistre, un retour de fièvre qu’on croyait révolue. Mais dans le regard du Rav, toujours debout, il n’y a ni colère, ni peur. Seulement cette tristesse ancienne, familière, d’un peuple qui connaît trop bien le poids du silence après le fracas. On penserait au juif, mais en fait c’est du peuple français que je parle. Assez. Le sang d’un Rav ne se discute pas. Il se pleure, il se venge, il se protège. Et s’il coule deux fois en sept jours, que les justes pleurent, que les coupables tombent, et que les traîtres tremblent.

Ceux qui prétendent gouverner ce pays n’ont plus le droit à la parole. Les extrêmes non plus, ceux qui jouent avec des allumettes, les soi-disant Insoumis, encore moins.  Ils ont pactisé, par calcul électoraliste, mettant une cible dans le dos des juifs de France. Ils ont caressé la haine, l’ont appelée diversité, l’ont nourrie de hurlements et habillée de victimisation. Mais c’est une bête immonde, et la bête frappe – elle a frappé à Deauville, elle a frappé à Neuilly, elle frappera encore. Qu’on ne nous parle plus de dérive psychiatrique. Qu’on ne nous parle plus de « déséquilibré ». Un homme qui s’empare d’une chaise pour fracasser le visage d’un Rav n’est pas déséquilibré. Il est investi. Il est missionné. Il est porté par un air vicié, celui d’un pays qui tolère l’intolérable, rien de neuf sous le ciel de l’Hexagone depuis la Gestapo. Et vous, les politiques, vous tous : vous êtes complices. Non par ignorance. Par calcul. Vous êtes coupables de non-assistance à peuple en danger. Vous devriez être jugés, et non pas vous pavaner sur des plateaux. Vous devriez être arrêtés pour complicité active de tentative de meurtre sur un dignitaire religieux. Dans nos livres saints, il est écrit : « Kol Yisrael arevim zeh bazeh » – tout Israël est garant l’un de l’autre. Mais qui garantira le Rav, si nous nous contentons de bougies, de communiqués fades, de prières sans bras ? Il y a des jours où les psaumes ne suffisent plus. Il y a des jours où il faut se dresser comme un mur de feu autour de ceux qui transmettent, enseignent, élèvent. Le Rav Elie Lemmel a porté nos âmes. Qui portera son corps, brisé par deux fois ? Le judaïsme n’est pas une religion de pleurnichards. C’est une religion de veille. De réponse. De feu. Quand Moïse vit l’Égyptien frapper l’Hébreu, il ne lança pas une pétition. Il frappa. Il frappa. Et la Torah ne l’en blâma pas. Quand Esther vit son peuple en sursis, elle ne chercha pas à plaire aux puissants. Elle entra dans le feu, elle risqua tout, elle inversa les décrets. Parle, Esther, parle encore. Dis-leur qu’à force d’attendre, le décret tombera sur leur propre tête. Comment prévenir un troisième acte ? Comment empêcher l’acte fatal, celui qui fera basculer le deuil dans l’histoire ? Par l’étude ? Oui. Par la prière ? Mhmmm. Mais surtout : par l’organisation. Par la dissuasion. Par la construction d’un rempart humain autour des vivants qui portent la Torah. Qu’ils osent. Qu’ils essayent encore. Qu’ils sachent qu’alors, cette fois, les mains ne seront plus vides. Assez de marcher à l’abattoir la tête baissée. Le monde juif est debout. Et il regarde. Et il n’oubliera pas. Et vous, qui tuez par abandon, vous n’échapperez pas. Ni à la mémoire, ni à la justice. Parce qu’à trop saigner les Justes, vous finirez par réveiller les Lions. Alors il sera peut-être temps de parler de génocide, celui de l’ensemble des antisémites de la Planète.

Eden Levi Campana


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