Olim Al Bet, un parcours de vie

Olim Al Bet arrive comme une porte qu’on croyait murée. Longtemps, pour beaucoup d’Olim arrivés plus tard, la volonté de servir se heurtait à des couloirs trop étroits, à des procédures trop raides, à ce sentiment frustrant d’être utile sans avoir le droit d’entrer. Le programme naît précisément de cette tension. D’un côté une nécessité opérationnelle, de l’autre un désir simple et tenace, contribuer à la sécurité de l’État. Cette initiative nationale s’appuie sur une collaboration stratégique entre la Direction du personnel de Tsahal et le ministère de l’Aliyah et de l’Intégration. Ensemble, ils tracent une voie rapide vers la réserve, pensée pour des femmes et des hommes qualifiés, capables de mettre au service d’une unité ce qu’ils savent déjà faire. Il ne s’agit pas de fabriquer des parcours abstraits, mais de raccorder des compétences réelles à des besoins réels, et d’offrir en retour un chemin d’intégration qui ne soit ni symbolique ni décoratif.

Le mécanisme est volontairement direct. La formation de base accélérée, Shlav Bet, dure environ deux semaines. Deux semaines qui ne prétendent pas résumer une vie de service, mais qui suffisent à franchir le seuil, à adopter les repères essentiels, puis à rejoindre une unité comme réserviste à part entière. La prochaine date de draft annoncée est février 2026 et les inscriptions sont ouvertes dès maintenant. Tout est conçu pour que la décision de servir ne se perde pas dans l’attente, comme une lettre qui n’arrive jamais. Olim Al Bet se distingue aussi par une promesse de stabilité. Les jours de service de réserve sont reconnus et intégralement indemnisés par l’Institut national d’assurance, le Bituah Leumi. Ce détail, qui pourrait sembler administratif, change la texture du réel. Il dit que l’engagement n’est pas une aventure improvisée mais une place assumée, sécurisée, inscrite dans un cadre qui protège aussi celles et ceux qui protègent.

Le programme ouvre la voie aux Olim âgés de vingt-six ans et plus. Il propose un parcours raccourci et personnalisé, avec une exigence simple, disposer de notions de base d’hébreu. Les professions médicales y trouvent une entrée naturelle, avec l’intégration de médecins et d’ambulanciers paramédicaux au sein du Corps médical. La technologie et la maintenance mobilisent techniciens, ingénieurs praticiens et ingénieurs dans des domaines comme l’électronique, la mécanique et bien plus encore. Le Commandement du front intérieur accueille des profils d’officiers et de professionnels autour de la résilience communautaire, du comportement de la population, de l’ingénierie et de la gestion des matières dangereuses. La logistique et le transport ont leurs besoins propres, avec des chauffeurs et des grutiers. Un large éventail, donc, où l’expérience n’est pas un décor accroché au mur mais un outil qu’on saisit.

Un autre trait donne à Olim Al Bet sa profondeur. Il s’inscrit dans une vision explicite de ce qu’est Tsahal et de ce qu’on attend de ses soldats, qu’ils soient en service obligatoire ou de réserve. Tsahal agit sous l’autorité du gouvernement démocratique d’Israël. Son but est de préserver l’État, de protéger son indépendance et de déjouer les tentatives de ses ennemis de perturber la vie de ses citoyens. Cette mission ne flotte pas comme un slogan. Elle impose une direction, une gravité, une vigilance qui traverse les unités, les corps, les gestes.

Dans cette même logique, l’engagement demandé est important. Les soldats doivent se battre et consacrer tous leurs efforts, même au risque de leur propre vie, pour protéger l’État d’Israël, ses citoyens et ses résidents. Et pourtant, au cœur de cette dureté, un garde-fou demeure. Les soldats doivent agir conformément aux valeurs et aux commandements de Tsahal, dans le respect de la loi, en défendant la dignité humaine, en respectant les valeurs d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. C’est là que l’Esprit de Tsahal, son code éthique, prend tout son sens. Il n’est pas un texte lointain qu’on cite les jours de cérémonie. Il sous-tend les activités de chaque soldat et irrigue l’éducation, la conduite, l’examen de soi et même l’examen entre camarades.

Olim Al Bet, à sa manière, épouse ce mouvement. Il propose une intégration par le service, une intégration qui ne demande pas d’oublier son passé pour entrer dans un uniforme, mais qui transforme ce passé en ressource. Le médecin ne cesse pas d’être médecin. L’ingénieur ne renonce pas à sa logique. Le professionnel du front intérieur ne laisse pas son expérience à la porte. Au contraire, tout cela devient une manière de défendre l’État, ses citoyens et ses résidents, une manière de faire du patriotisme et de la loyauté non pas un mot, mais un acte. Tsahal c’est la dignité humaine. La vie est fondamentale. Tous les êtres humains ont de la valeur. Indépendamment de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur sexe ou de leur statut. Dans un programme destiné à des nouveaux arrivants, cette phrase résonne comme une boussole. Elle rappelle que l’intégration n’est pas seulement une question de procédures ou de délais. C’est aussi une manière d’entrer dans une communauté de devoirs et de droits, où la place se gagne par l’effort, mais où la personne demeure, entière, reconnue. Olim Al Bet propose une route praticable pour celles et ceux qui veulent servir et qui, jusque-là, ne trouvaient pas le passage. Une formation courte, une affectation réelle, un engagement de réserve d’environ cinq ans selon les besoins de l’unité. Une manière de dire à des Olim arrivés plus tard que leur heure n’est pas passée, qu’elle commence peut-être maintenant, et qu’elle peut se vivre non pas à distance, mais au plus près.

Eden Levi Campana

Les candidatures et les détails sont accessibles en ligne via la page dédiée. https://idf-aka.org/olim


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