Tandis que les vents hurlent et que les amarres cèdent, tandis que les boussoles s’affolent et que les récits s’effondrent, une silhouette droite, intransigeante, tient la barre : Caroline Yadan. Là où tant d’autres s’aveuglent, elle voit ; là où tant d’autres vacillent, elle tient. Elle ne parle pas pour plaire, elle parle pour dire, dans le vacarme des renoncements. Il est des temps où les lois ne suffisent plus, où il faut des lois de sursaut, des lois de conscience. Sa proposition contre l’antisionisme et l’antisémitisme ne naît pas d’un caprice idéologique, mais d’une lucidité vitale : ce n’est pas une loi de circonstance, c’est une loi de respiration. Car il ne s’agit plus seulement de mots, mais de meurtres. On frappe des enfants à la sortie des écoles. On traque des visages dans les couloirs du métro. On tague des étoiles aux fenêtres, comme pour rejouer les prologues du pire. On étouffe.

Le poison est partout : dans les mots détournés, dans les silences complices, dans les applaudissements qui crépitent aux tribunes de la honte. Il avance masqué de morale et grimé de progressisme. Il parle d’ »apartheid », il pleure des larmes conditionnelles, il choisit ses morts. Mais Caroline Yadan, elle, ne choisit pas : elle défend. Non pas Israël contre le reste du monde, mais la vérité contre l’infamie. Non pas un peuple contre un autre, mais l’humanité contre l’abîme. Son engagement ne date pas d’hier. Depuis son élection, elle n’a cessé de porter, non un drapeau, mais une mémoire. Celle des Justes, des brûlés, des oubliés. Celle des Juifs de France, ces frères en République que l’on regarde de travers, que l’on pousse à fuir, que l’on voudrait soumettre à la honte ou au silence. Mais Caroline ne fuit pas, elle affronte. Elle n’esquive pas, elle nomme. Elle ne fléchit pas, elle forge. À l’Assemblée, elle est plus qu’une députée : elle est une digue. Une digue dressée contre le torrent de haine qui déferle, contre la marée d’amalgames qui monte. Alors que l’antisémitisme s’invite dans les cortèges, dans les urnes, dans les colloques universitaires, elle oppose la rigueur au slogan, la loi à la vindicte, le réel à l’imposture. Elle est ce roc dans la houle, ce granit qui refuse de se laisser ronger. Il y a dans sa parole un souffle biblique, une colère de prophète mêlée à la précision d’un juriste. Elle sait que le mot « sionisme », galvaudé, défiguré, est devenu l’alibi du bourreau. Elle sait que l’antisionisme n’est plus une opinion, mais un masque – un masque qui tombe souvent, révélant la même grimace que celle de Drancy ou de Babyn Yar. Et pendant que l’on tue des Juifs à Los Angeles, que l’on les insulte à Paris, que l’on les chasse de campus entiers à New York, qui tient ? Qui ose ? Qui refuse de se taire ? Peu. Trop peu. Elle, oui. Elle est là. Elle dit non. Elle trace un « stop » dans le sang qui perle sur les trottoirs de la République.
Caroline Yadan n’est pas de ces politiques qui courent après l’air du temps. Elle est de celles qui résistent au souffle mauvais. Elle ne compose pas avec les bourreaux de demain. Elle ne quémande pas l’approbation des foules. Elle marche droite dans les couloirs de l’inconfort, fidèle aux vivants comme aux morts. Et c’est ainsi qu’elle est devenue essentielle. Parce qu’elle refuse l’effacement. Parce qu’elle sait que ce qui commence par les Juifs ne finit jamais avec eux. Parce qu’en des temps d’inversion morale, elle choisit la clarté. Parce qu’en ces jours où l’on doute de tout, elle ne doute pas de l’essentiel. Caroline Yadan, sentinelle aux frontières du tolérable, n’a pas choisi la facilité. Elle a choisi la fidélité. À l’histoire. À la justice. À la vie et la parole aux silences criminels.
Eden Levi Campana

Nous invitons d’ailleurs chacun à lire le dernier article de Caroline Yadan, dans lequel elle dénonce avec force et précision l’hypocrisie de ceux qui réclament des sanctions contre Israël :
Lundi 19 mai dernier la France, le Canada et le Royaume Uni ont, dans un communiqué commun, menacé Israël de sanctions s’il « ne met pas fin à la nouvelle offensive militaire et ne lève pas ses restrictions sur l’aide humanitaire ». Cette menace de sanctions est sans nuance. Sans appel. Elle franchit une nouvelle étape dans les relations entre la France et Israël, alliés de longue date : elle acte une demande de cessez-le-feu unilatéral, alors même que le Hamas vient de refuser une proposition américaine pour mettre fin à cette guerre dramatique. En n’apportant aucune distance, alors que la situation actuelle est d’une complexité indéniable, en n’évoquant même pas les otages, en ne mettant aucune pression sur le Hamas, la déclaration de ces trois grandes nations relativise le droit d’une démocratie à se défendre face à une menace existentielle incontestable. Elle établit une symétrie terrible. Elle fait de l’Etat d’Israël un état paria. Elle vient conforter ceux qui jugent Israël pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait. Elle revient à accorder une victoire politique et psychologique au Hamas, qui n’a pas manqué, comme les Insoumis d’ailleurs, de s’en féliciter dès sa parution.
Qu’un groupe terroriste islamiste qui a commis le pire massacre antisémite depuis la Shoah qu’il jure de réitérer et qu’une secte antisémite, déguisée en groupe politique, qui a estimé que ce massacre était de la résistance, congratulent les dirigeants à l’origine de cette déclaration pose, à tout le moins, question. Que notre nation adopte une position en droit international, qui est aujourd’hui partagée et applaudie par des égorgeurs d’enfants, est quelque peu inquiétant aussi.
Ce qui se passe à Gaza est une tragédie. Les chiffres sont glaçants : des dizaines de milliers de morts, des villes en ruines, des enfants sans abris. Le coût en vies humaines est insupportable et chacun de nous devrait être, toujours, empli de compassion pour chaque mort d’un conflit qui les dépasse. C’est une tragédie, mais ce n’est pas un génocide. Les mots ont un sens. Parce qu’un génocide c’est un crime raciste qui vise délibérément la population civile pour ce qu’elle est. Ce ne sont pas les conséquences terribles de bombardements liés à une guerre, si sanglante et meurtrière qu’elle soit. C’est une tragédie mais Israël ne l’a pas choisie. Israël, on ne le répétera jamais assez, lutte pour sa survie.
A la seule émotion légitime et à la véhémence qui semble aujourd’hui guider nos dirigeants, il semble nécessaire de panser (penser ?) une autre blessure : celle de l’approche sélective de la défense des « droits humains », des questions jamais posées, des vérités factuelles jamais exprimées. Ces questions ne sont pas celles relatives à un gouvernement israélien que l’on peut exécrer ou à une politique de la terre-brulée que l’on peut parfaitement réprouver. Ces questions sont celles des silences.
Silence concernant l’Égypte, voisine directe de Gaza, face à son refus d’ouvrir sa frontière. Silence face au détournement systématique par le Hamas de l’aide humanitaire revendue pour financer les salaires des terroristes. Silence alors qu’Israël est le seul État dans l’histoire des conflits à avoir continué à acheminer les denrées nécessaires à une population sous contrôle d’un groupe terroriste qui a juré sa destruction : selon le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires) près de 1 341 194 tonnes de nourritures ont été envoyées dans la bande de Gaza du 7 octobre au 2 mars 2025, ce qui représente environ 1,1 kg et 3 163 calories par jour et par Gazaoui. Au total, près de 91 674 camions et 10 450 largages aériens ont permis d’acheminer près de 1,8 million de tonnes d’aide humanitaire.
Après un arrêt de 6 semaines l’acheminement de cette aide a repris, elle va être distribuée non plus par le Hamas mais par des organisations américaines grâce à la mise en place de zones tampons pour les civils. Silence relatif aux centaines de roquettes qui sont encore tirées quotidiennement sur le sol israélien obligeant la population civile à se protéger nuit et jour dans les abris construits à cet effet. Silence face à l’éducation à la haine des enfants palestiniens qui grandissent avec le culte des martyrs, la glorification du Djihâd et la haine antisémite chevillée au corps. Silence sur les 600 km de tunnels creusés sous les hôpitaux, qui pourraient abriter des civils gazaouis, mais qui sont réservés aux armes et aux commandants pour que chaque riposte israélienne entraîne la mort du plus grand nombre de civils. Silence sur ces très nombreux Palestiniens qui manifestent aujourd’hui à Gaza contre la tyrannie du Hamas au péril de leur vie et qui sont, à cause de cela, comme en Iran, arrêtés, torturés ou tués dans un mutisme assourdissant. Silence face aux otages qui sont délibérément assoiffés, affamés, torturés moralement et physiquement par leurs bourreaux. Silence.
La menace de sanctions contre Israël est celle de nations qui oublient que chaque condamnation sans appel d’Israël est une victoire pour le Hamas, un encouragement à n’accepter aucun accord de cessez-le-feu et la sanctuarisation du terrorisme comme moyen pour parvenir à ses fins. Il n’y a pas de paix possible sans justice, il n’y a pas de justice sans lucidité. La lucidité ne peut naitre du silence.
Caroline Yadan
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